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« Les propos des personnages nommés ci-dessous sont le fruit imaginaire de l'auteur Phil Marso. Toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient pure coïncidence ».
Coupe d'Afrique des Nations : «Les éléphants ivoiriens chassés du terrain» |
Le Nigéria et le Ghana, co-organisateurs de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), ont connu un fait sans précédent sur le plan sportif. L'équipe de la Côte-d'Ivoire surnommé "Les Eléphants" a été éliminée dès le troisième match. Les généraux au pouvoir depuis le putsch du 24 décembre 1999 ont décidé de sanctionner les joueurs de l'équipe nationale ainsi que le personnel d'encadrement de la sélection. Transférés au camp de Zambakro ils devaient suivre un stage de "redressement" pendant deux jours et demi. Oumar Bakalioko tente d'expliquer ce malentendu.
M.Oumar Bakalioko quel est votre rôle sur le plan sportif auprès du gouvernement de la Côte d'Ivoire ?
Je suis chargé de protéger les éléphants contre les prisons dorées occidentales. Il était de notre devoir de rapatrier notre équipe nationale. Je m'étonne que la presse internationale ait mal interprétée notre geste humanitaire.
Vous croyez qu'un emprisonnement est la meilleure réponse à une mauvaise prestation des Eléphants ?
Il fallait sauver nos Eléphants de ce guet-apens. Vous oubliez peut-être que dès la première journée de la Coupe d'Afrique des Nations, on a été dans la ligne de mire de l'élimination. On a fait match nul contre le Togo 1-1. La deuxième journée a été fatale contre le Cameroun qui a fait carton plein avec 3-0. Pourtant le gouvernement d'Abidjan voulait protéger au mieux ses Eléphants.
On prétend que la défense ivoirienne coûte cinq millions de francs CFA.
C'est la valeur que l'on estime pour chacun de nos pachydermes. C'est franchement royal ! Le problème c'est qu'en face on avait des chasseurs de prime. On a entendu siffler les balles à ras de terre. Les Eléphants ont tenté la défense en ligne sans le moindre résultat probant. Ils se sont vraiment comportés comme des gros balourds avec une mise en place faiblarde sur le terrain : 4-4-2. On manquait de densité athlétique. L'accélération n'a pas été notre point fort. Au sein des Eléphants beaucoup d'entre-eux ont chopé la grosse tête. Leurs oreilles s'agitaient dès qu'on parlait prime de match.
En gros vous avouez que les éléphants ivoiriens n'ont pas été au poids de leur forme.
Yes ! Diabaté et Bakayoko n'ont pas été à l'image de ce qu'attendait notre peuple. Ils ont voulu s'exiler dans les zoos des clubs français pour l'appât du gain.
Et de la liberté
Foutaise ! Bakayoko n'est même pas sûr de gambader à chaque match. Le public marseillais est scotché contre les grilles prêt à bondir comme des fauves en cage. J'ai toujours pensé qu'un Eléphant loin de son pays d'origine n'entraîne que frustration et indiscipline.
D'où la mise en réserve dans une caserne militaire de vos Eléphants. L'opinion publique a été choquée par votre dispositif.
C'est simplement de la protection rapprochée de nos Eléphants. Il était normal qu'on les ait à l'il. La captivité en France n'apporte pas que du bien-être. Les prédateurs circulent dans le milieu.
Qu'entendez-vous par prédateur M.Oumar Bakalioko ?
Le supporter est le plus incontrôlable à mon avis. Il a le goût du sacrifice au point de manger son salaire. Une fois autour de l'enclos il est affamé de bon jeu. Il veut des gestes d'adresse hors du commun. L'éléphant est assez joueur mais pas un objet de cirque olympique.
M.Oumar Bakalioko auriez-vous oublié que O.M. se traduit par Olympique de Marseille.
Hélas, l'Eléphant n'est pas forcément adapté au langage des transferts. L'agent qui s'en occupe a aussi l'attitude de prédateur. Il vous fait croire qu'il est votre protecteur. En réalité, il abuse de votre confiance au point d'orchestré votre mise à mort dans les règles de la surenchère.
Si l'on suit votre raisonnement M.Oumar Bakalioko les journalistes sont aussi des prédateurs.
En Côte d'Ivoire ils sont accrédités dans nos meilleures prisons.
Phil Marso (3 juin 2002)
© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2002.